Fractionner et ajuster


Fractionner en plusieurs apports l'azote et ajuster la dose

Rapprocher l'apport d'azote minéral du besoin de la plante permet de gagner en efficacité. Comme en diététique, une fois le besoin connu il faut répartir l'apport en plusieurs repas pour qu'il soit bien assimilé.

La dynamique d'absorption de l'azote par une culture varie fortement en fonction de sa courbe de croissance. Le prélèvement est maximal pour une céréale à la floraison, et reste très actif après floraison.

Une approche dynamique des fournitures d'azote par le sol et par les effluents organiques est également prise en compte et conduit à une répartition des apports d'azote minéral au cours du cycle pour équilibrer à chaque période la fourniture d'azote et le besoin de la culture.

La stratégie de fractionnement consiste à ajuster en plusieurs étapes les fournitures (sol + effluents + apports minéraux) aux besoins de la culture comme sur le graphique ci dessous.

En théorie, on pourrait être amené au nom de ce principe à réaliser une multitude d'apports. La prise en compte des contraintes de temps de travail, de praticabilité des parcelles pour l'épandage et du délai de mise à disposition de l'azote à la culture (dissolution de l'engrais, transformation dans le sol) conduisent à des fractionnements dépassant rarement 4 apports sur certains blés et 2 à 3 sur de nombreuses autres grandes cultures.


tracteurLe deuxième apport d'azote sur colza au stade boutons accolés peut être réalisé avec de l'ammonitrate granulé.

L'équipement en ferti irrigation (apport simultané de l'eau et des éléments nutritifs par un système d'irrigation de précision) permet sur certaines productions légumières ou fruitières un fractionnement hebdomadaire voir quotidien de l'azote sous forme essentiellement nitrique.

Des outils plus ou moins sophistiqués ont été mis au point pour décider le déclenchement du premier apport (méthode visuelle de la décoloration d'une bande semée en double densité (6) sur céréales) ou pour piloter les apports plus tardifs (cf Ajuster la dose)

Certaines formulations de produits : azote organique de synthèse, forme ammoniacale associée à un retardateur de nitrification, formes minérales enrobées permettent au contraire de limiter le nombre d'apports à réaliser car elles assurent une libération graduelle de l'azote sous forme nitrique sur des durées plus ou moins longues. Des références par type de sol et par région sont nécessaires pour apprécier la durée de libération en fonction de l'activité des micro-organismes de la nitrification.

Certains utilisateurs adoptent cette stratégie pour réduire le nombre de passages dans des cultures fragiles ou sur des sols peu portants.

De nombreux facteurs propres à l'agriculteur (temps de travail disponible, équipement), à la culture, aux types de sol et au climat (fréquence des pluies, portance des sols…) conditionnent le choix d'une stratégie de fractionnement.

Combiné à la forme d'azote utilisé, ce choix contribue à augmenter l'efficacité des apports d'azote minéral.

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Ajuster la dose sur la culture
avec des outils de pilotage

Le fractionnement donne la possibilité d'ajuster la dose en fonction du besoin nutritionnel de la plante.

La dose initiale du bilan prévisionnel est modulée selon le rendement accessible jugé sur la culture en place.

Pour estimer le besoin nutritionnel de la plante il faut des indicateurs : croissance, couleur, teneur en nitrate, activité chlorophyllienne… et des outils pour les mesurer. Le potentiel de la culture, son état sanitaire, l'évaluation des ressources en eau peuvent aussi conduire à réviser l'objectif initial de rendement et à ajuster la dose prévue par le dernier apport.


gpn_pilot GPN Pilot© 

GPN Pilot© mesure à la fois la capacité chlorophyllienne et la biomasse produite pour conseiller directement l'ajustement de la dose d'azote au 3ème et/ou au 4ème apport.

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Le diagnostic de nutrition proposé par les outils doit être suffisamment précis et associé à des règles d'interprétation et d'aides à la décision pertinentes. Ces outils s'adressent à un nombre toujours croissant d'agriculteurs et de techniciens et couvrent de nombreuses cultures. La poursuite d'un objectif de qualité, par exemple une teneur minimum en protéines pour les blés panifiables, renforce l'intérêt de cette approche pour moduler le dernier apport. En cultures légumières et en pomme de terre l'utilisation d'un outil pour ajuster précisément l'apport au besoin évite tout excès pour respecter les critères de qualité des produits commercialisés (teneur en nitrate par exemple).


pince_n_testerLa pince Yara N Tester© 

La pince N Tester permet de mesurer sur
une trentaine de feuilles la concentration en chlorophylle et d'ajuster la dose des 3ème et si besoin 4ème apports sur céréales.

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Les perspectives d'amélioration des outils de pilotage et leur validation sur le terrain concernent de très nombreuses cultures. Leur usage en complément du calcul par le bilan prévisionnel est de mieux en mieux intégré dans la décision de l'agriculteur et conduit à une modulation de la dose en fonction de la culture et de l'année.  

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Le N Sensor®

Le N Sensor® installé au dessus de la cabine du tracteur permet de moduler en temps réel la dose épandue.

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    plan_n_sensor La modulation de la dose de N au 3ème apport
sur blé réalisée par le N Sensor®
fait ressortir
sur la gauche les zones ayant reçu des lisiers.
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L'hétérogénéité que l'on constate dans des parcelles de plus en plus grandes amène à moduler la dose apportée à l'intérieur du champ grâce à l'utilisation d'un outil de pilotage, suivant le concept de l'agriculture de précision. L'épandeur peut être directement asservi à un dispositif de mesure embarqué sur le tracteur et conduit à une modulation en temps réel de la dose épandue.

Observer la culture, disposer d'outils pour apprécier son besoin nutritionnel en azote conduisent à moduler la dose prévue et le nombre d'apports sur une parcelle ou à l'intérieur d'une parcelle sur des zones de potentiel différent.

La fertilisation raisonnée dispose d'outils de plus en plus nombreux pour concilier préservation de l'environnement et qualité de la production.

Gérer l'azote du sol après récolte devient indispensable quand le climat ne permet pas d'obtenir le rendement espéré.


balance_colza

Le poids frais des plantes de colza mesuré sur 2 à 4 placettes de 1m2 prélevées en sortie d'hiver, est reporté sur la réglette azote du CETIOM qui donne une recommandation de dose prenant en compte le rendement accessible et le type de sol.


De plus, la minéralisation de l'azote reste très active sous sol nu à l'automne. Enfouir superficiellement les pailles, favoriser les repousses ou installer une culture intermédiaire permettent de piéger l'azote minéral.

D'autres dispositifs, bandes enherbées ou haies installées en bordure de parcelles, contribuent également à intercepter les écoulements vers les fossés et les cours d'eau et à fixer l'azote par la végétation.