Favoriser la biodiversité


biodiversite_01Il est difficile d'établir des relations directes entre fertilisation et biodiversité. Il est vrai que l'usage des engrais minéraux a largement permis l'augmentation de la productivité des sols cultivés et la spécialisation des exploitations.

L'élevage n'a plus trouvé d'utilité sur les grandes exploitations de grandes cultures. L'enfouissement des pailles a permis de maintenir une teneur acceptable en matière organique sans obligation d'y  apporter du fumier ou de faire pâturer les terres  par des moutons.  L'augmentation de la taille des parcelles, la simplification des successions ne comportant plus que deux ou trois cultures, voir la monoculture dans le cas du maïs grain ont eu pour effet de diminuer la biodiversité dans des territoires de plus en plus uniformisés.

Cependant d'autres évolutions sont en cours qui cherchent à valoriser les différents usages du territoire (cultures, prairies et forêts). La recherche de partenariat entre exploitations voisines de cultures et d'élevage (par l'échange de paille contre du fumier par exemple) se développe au cœur de chaque territoire et pourrait contribuer à maintenir une diversité des types d'agriculture. La fertilisation retrouve alors la complémentarité des sources organique et minérale pour apporter la juste quantité d'éléments nutritifs à chaque culture.

biodiversite_02A l'échelle du sol cultivé, la fertilisation contribue à maintenir la biodiversité considérable de· la microflore du sol. On estime à 10·000 par gramme de sol le nombre d'espèces de bactéries et de champignons présents dans les vingt premiers centimètres du sol. Les amendements minéraux basiques corrigent le pH· de certains sols naturellement acides ce qui crée des conditions favorables à une activité plus intense et à une plus large diversité de la microflore du sol. Les amendements organiques apportent des matières carbonées dont se nourrissent une grande partie de la microflore saprophyte du sol qui les dégrade. Ces apports organiques (amendements,· résidus de culture) maintiennent l'activité biologique des sols dont les fonctions sont nombreuses·:

  Libération d'éléments nutritifs pour les plantes (azote, phosphore…)
  Dégradation de la matière organique morte, des déchets et des résidus de pesticides
  Résistance aux stress abiotiques subis par les plantes (sécheresse, salinité..)
  Diminution de la présence d'espèces pathogènes dans les sols ou de leur virulence

La densité microbienne a été mesurée pour la première fois sur près de 2000 sites répartis sur l'ensemble du territoire  métropolitain  grâce à l'analyse de la quantité d'ADN microbien présent dans le sol de surface. Les trois quarts des sols ont des concentrations situées entre 5 et 15 microgrammes par gramme de sol. L'occupation du sol, sa texture, son pH et sa teneur en matière organique sont les principaux déterminants de la forte variabilité observée.

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list_arrowPour en savoir plus : L'état de l'environnement en France en 2010 : la microflore du sol