Protéger l’eau

Prévenir l'entrainement des matières solides
vers les eaux de surface

eau_01La qualité physico-chimique des eaux de surface est une condition du bon état écologique inscrit dans les objectifs à atteindre en 2015 par la directive cadre européenne sur l'eau (DCE) adoptée en 2000.

L'entrainement vers les eaux de surface de matières solides par ruissellement ou érosion venant des sols agricoles est une cause importante de dégradation des écosystèmes aquatiques. La présence d'un couvert végétal joue un rôle essentiel pour diminuer ce risque.
L'apport d'amendements organiques ou minéraux améliore les propriétés physiques des sols et contribue à limiter les ruissellements et l'érosion sur des sols nus quand ils sont exposés à de fortes pluies. Ces amendements ont pour effet d'augmenter la vitesse d'infiltration de l'eau de pluie dans le sol et peuvent limiter son effet destructeur en favorisant la cohésion des mottes de terre présentes en surface.
Les amendements organiques apportés régulièrement favorisent la stabilité structurale (cohésion des mottes et agrégats de terre) et améliorent à long terme la teneur du sol en humus stable avec ses effets sur l'augmentation de la réserve en eau, la résistance à la compaction, l'aération et la perméabilité des sols.

Les amendements minéraux basiques (carbonates, chaux...) corrigent l'acidité des sols quand cela est nécessaire. Ils favorisent également l'activité de la microflore du sol (bactéries, champignons..) et contribuent à limiter la battance en augmentant la cohésion des mottes et en favorisant l'infiltration de l'eau de pluie.

 

 

Diminuer le flux de nitrate en eaux souterraines

La production d’eau potable doit respecter en Europe le seuil de précaution de 50mg de nitrate par litre pour protéger les personnes sensibles (nourrissons, femmes enceintes). Ce seuil tient compte de la présence naturelle de nitrate dans les légumes qui constitue une grande part de l’apport dont la dose journalière admissible (DJA) a été fixée à 250 mg de nitrate pour un adulte selon l’Organisation Mondiale de la santé (OMS).

eau_02La présence de nitrate dans le sol est naturelle, c’est la forme d’azote que les plantes préfèrent pour fabriquer des protéines et assurer leur croissance. Quelque soit sa forme d’apport, organique ou minérale, l’azote finit par être transformé en nitrate sous l’action des bactéries du sol. Lorsque les apports d’azote dépassent le besoin nutritionnel de la culture, le nitrate en excès va circuler avec l’eau du sol. Il est entrainé en profondeur lorsque cette eau réalimente la nappe phréatique, généralement en hiver.

La concentration en nitrate tend à diminuer en eaux de surface dans les régions où elle était la plus élevée comme en Bretagne. Elle a tendance à se stabiliser en eaux souterraines mais les efforts pour protéger les aires de captage d’eau potable doivent se poursuivre pour obtenir une diminution car le cheminement de l’eau et du nitrate prend des années jusqu’au captage.

La réglementation ayant pour objet de prévenir l’entrainement du nitrate d’origine agricole vers les eaux est réexaminée et renforcée tous les quatre ans en conformité avec les exigences de la directive européenne sur les nitrates 91/676/CEE. Des programmes d’action sont établies dans chacun des 74 départements dont tout ou partie du territoire est classée en zone vulnérable.

Circulation de l’eau et transfert de l’azote au sein d’un bassin versant

D'après : Zones Tampons - CORPEN 2008

 

Les algues vertes sur les plages en Bretagne

En fond de baie où les eaux sont peu brassées, la prolifération d’algues flottantes occasionne des "marées vertes" et oblige les collectivités à un nettoyage quotidien de certaines plages. Les deux éléments nutritifs, phosphore et azote, peuvent être chacun à leur tour le facteur déclenchant cette prolifération. Il est nécessaire de réduire tous les flux d’apport de ces éléments nutritifs entrainés par l’eau qu’ils soient d’origine urbaine (stations d’épuration) ou d’origine agricole (élevages, apports organiques, engrais minéraux) dans les bassins versants des rivières qui aboutissent à ces zones marines très sensibles à l’eutrophisation.


list_arrowLien : État de l’environnement en France 2010 sur site MEEDDM

 

 

Retenir le phosphore dans les sols

Le phosphore est un élément nutritif essentiel au monde vivant. En eau douce, cet élément est présent en faible· concentration et constitue le principal facteur limitant la prolifération d’algues aux dépens d’autres espèces.· Il faut maintenir cette concentration à un niveau bas pour éviter l’eutrophisation des eaux (situation de déséquilibre d’un écosystème aquatique disposant de trop d’éléments nutritifs).

Circulation de l’eau et transfert des matières en suspension et du phosphore au sein d’un bassin versant

D'après : Zones Tampons - CORPEN 2008

Le phosphore est fortement retenu sur la phase solide du sol. Seulement 0.1% du phosphore total d’un sol se trouve à l’état dissous dans l’eau du sol. Contrairement au nitrate, l’excès d’eau n’entraine que très peu de phosphore en profondeur et cela ne pose aucun problème en eaux souterraines.

L’érosion hydrique qui arrache des particules de terre sur lesquelles le phosphore est fixé correspond à un transfert de phosphore dans les eaux qu’il faut prévenir. Les coulées boueuses, les inondations sont aussi à l’origine d’entrainement de phosphore· ainsi que les eaux usées insuffisamment épurées du phosphore présent dans les excréments humains et dans certains détergents.

La teneur en phosphore soluble dans les eaux de surface est en diminution régulière mais certains plans d’eau ou lacs sont des milieux particulièrement sensibles à l’eutrophisation qui justifient de poursuivre les efforts pour réduire les apports de phosphore par les rivières qui les alimentent.

La priorité est à donner à la prévention du transfert de phosphore au cours d’eau par l’aménagement de zones tampon (haies, prairies, bandes arbustives ou herbacées) capables d’intercepter les ruissellements le long d’un versant avant qu’ils atteignent le cours d’eau. La réglementation rend obligatoire la présence d’une zone enherbée· et non fertilisée d’au moins cinq mètres de largeur sur toutes les parcelles agricoles bordant un cours d’eau.

A plus long terme, il est important d’ajuster les apports de phosphore aux besoins des cultures et aux exportations de cet élément réalisées par les récoltes afin de ne pas constituer un stock excédentaire de cet élément nutritif dans le sol au-delà de ce qui est strictement nécessaire à la bonne alimentation des plantes. Toutes les sources d’apport de cet élément sont à prendre en compte qu’elles soient organiques (effluents d’élevage, boues et composts…) ou minérales (engrais minéraux).