Produire pour nourrir la planète


La progression démographique ralentit depuis les années 2000. Cependant la population mondiale devrait atteindre 9 milliards en 2050. Au cours des cinquante dernières années, la production agricole a augmenté plus vite que la population qui a plus que doublée.

L’offre alimentaire s’est améliorée à la fois en quantité et en qualité en particulier en Asie et en Amérique Latine. L’arrivée de nouvelles variétés, l’irrigation,  la fertilisation et  la protection des cultures ont été les piliers de l’amélioration de la productivité mais le développement social et humain des communautés paysannes a aussi été déterminant.

Cependant ces progrès ne sont pas bien répartis et ils n’ont été obtenus qu’au prix d’une pression accrue sur les ressources et sur l’environnement. La faim dans le monde persiste avec près d’un milliard de personnes mal nourries dont la moitié de paysans. La perte de terres agricoles du fait de l’urbanisation ou de pratiques accélérant l’érosion et la salinisation représente une menace au même titre que la surexploitation de la ressource en eau ou la mauvaise utilisation des engrais s’accompagnant de pertes importantes d’éléments nutritifs dans l’environnement.

La FAO estime dans une étude récente qu’il faudrait  augmenter la production alimentaire de 70% d’ici 2050 par rapport à 2006 pour accompagner la progression démographique et résoudre le problème de la faim dans le monde. Une augmentation annuelle de la production de 1.3% serait suffisante mais elle devra être obtenue en utilisant les ressources naturelles avec plus d’économie (terres, eau, énergie). Les progrès devront également être mieux répartis entre les continents et entre les populations urbaines et rurales les plus pauvres.

Tous les experts sont d’accord sur l’importance d’améliorer la productivité sur les terres actuellement cultivées pour améliorer la sécurité alimentaire et en même temps réduire la pression sur les espaces naturels et la biodiversité. Maintenir voir développer les surfaces forestières et prairiales est aussi une nécessité pour prévenir le changement climatique en conservant les stocks de carbone dans les sols.

L’Union Européenne est le premier importateur mondial de produits agricoles. Elle exporte de l’orge et du blé mais elle importe beaucoup de produits tels que  soja, huile de palme,  sucre de canne,  fruits tropicaux…Au total elle serait responsable de 35 millions d’ha cultivés hors de son territoire. La discussion qui s’engage autour d’une agriculture durable pour la PAC 2013 ne peut ignorer cette dimension du débat alors que tous les continents auront des besoins accrus en terre et en produits agricoles. Cette question stratégique de la sécurité alimentaire des européens devrait être au centre de la future politique agricole commune. La fertilisation soutient l’agriculture écointensive et a un rôle important dans une agriculture durable qui maintient la fertilité de ses sols.